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J'ai osé ! - Alain

Posté : mar. 23 mars 2021 17:34
par Montavid Alain
J'ai osé !
Poème massacré par Alain :
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L’albatros

Souvent, pour s’amuser, avec une chambre à air gonflée, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent dans leur parcours éolien, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant à vive allure sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur ne pouvant décoller, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau porté par un foehn, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec lui insufflant une fragrance avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des vaporeuses nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol il bulle au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Alain Montavid avec la complicité involontaire de Charles Baudelaire
Poème de Charles Baudelaire
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L’albatros

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Charles Baudelaire